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Premier studio locatif: les trois calculs

Loyer de marché, charges de copropriété et vacance locative: les trois hypothèses à poser avant de signer.

Mis en ligne le 14 octobre 2026par Alain Quéré
Premier studio locatif: les trois calculs

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Les trois calculs d’un premier studio locatif sont le rendement brut, le rendement net après charges et fiscalité, puis la trésorerie mensuelle une fois le crédit remboursé. Le premier sert à filtrer les annonces, le deuxième dit si le bien tient debout, le troisième indique ce que vous payez chaque mois. Un studio affiché à 5 % brut descend souvent sous 3 % net, avec une mensualité qui dépasse parfois le loyer encaissé.

Un studio se vend avec une surface et un loyer, deux chiffres qui ne disent presque rien de la rentabilité réelle. Avant même de prendre rendez-vous pour une visite, posez trois calculs dans un ordre précis : le rendement brut pour trier, le rendement net pour juger, la trésorerie mensuelle pour savoir si votre budget supporte l’opération. Les deux premiers se font sur un tableur en dix minutes. Le troisième demande de connaître le montant exact de la mensualité, assurance emprunteur comprise.

Ce que les trois calculs doivent trancher avant de chercher un studio

Le rendement brut répond à une question simple : ce bien est-il dans la bonne catégorie de prix par rapport au loyer qu’il peut produire ? Il ne dit rien de ce que vous gardez. Le rendement net corrige le tir avec les charges, la taxe foncière, la vacance et l’impôt. La trésorerie mensuelle, elle, compare ce qui entre et ce qui sort chaque mois, crédit compris. Ces trois niveaux se contredisent souvent, et c’est normal : un studio peut afficher un brut correct, un net médiocre et une mensualité qui pique.

L’ordre compte. Un bien qui échoue au premier calcul n’a pas besoin d’être analysé plus loin, sauf s’il s’agit d’un achat patrimonial assumé, où l’objectif principal n’est pas le rendement immédiat. À l’inverse, un brut modeste peut devenir intéressant si les charges de copropriété restent légères et si le financement est bien négocié.

Premier calcul, le rendement brut pour filtrer les annonces

Le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel hors charges par le coût total de l’opération, puis en multipliant par cent. Le loyer annuel hors charges, pas le loyer charges comprises : les provisions sur charges vous traversent les mains sans vous appartenir. Le coût total, pas le prix affiché.

  • le prix affiché sur l’annonce ;
  • les frais d’acquisition, proches de 8 % dans l’ancien ;
  • les travaux de remise en état ;
  • l’équipement et le mobilier si vous louez meublé ;
  • les travaux de copropriété déjà votés et non encore appelés.

Un studio à 120 000 euros qui produit 520 euros hors charges par mois affiche 5,2 % en brut calculé sur le prix affiché. Ramené au coût total, autour de 137 500 euros avec les frais et les travaux, il tombe à 4,5 %. Ce premier écart explique pourquoi deux acheteurs peuvent parler du même bien avec deux rendements différents en toute bonne foi.

Deuxième calcul, le rendement net qui intègre les charges et la fiscalité

Le rendement net retire du loyer tout ce que le propriétaire paie sans pouvoir le refacturer au locataire. La liste est plus longue qu’on ne le croit au moment de l’achat, et c’est elle qui casse la plupart des projections optimistes.

  • charges de copropriété non récupérables ;
  • taxe foncière ;
  • assurance propriétaire non occupant ;
  • gestion locative, si vous déléguez la recherche de locataire et le suivi ;
  • provision pour vacance entre deux locataires ;
  • provision pour remise en état et petits travaux ;
  • comptabilité et frais de gestion administrative en meublé.

Reste l’impôt. Au micro-foncier, l’administration applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts, dans la limite d’un plafond de revenus fonciers. Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles et, en meublé, vous amortissez le bien et certains équipements. Le choix déplace le résultat de plusieurs centaines d’euros par an, et l’option n’est pas libre à tout moment. Faites valider votre situation par un expert-comptable avant de signer : la fiscalité évolue et chaque dossier a ses particularités.

Troisième calcul, la trésorerie mensuelle une fois le crédit remboursé

Troisième étage de l’analyse : ce qui reste ou ce qui manque chaque mois. On part du loyer encaissé hors charges, on retire la mensualité de crédit assurance emprunteur comprise, puis les charges non récupérables lissées sur douze mois et l’impôt estimé. Le résultat peut être négatif, et il l’est fréquemment sur un premier studio acheté avec un apport limité.

Ce chiffre n’est pas un verdict, c’est un effort d’épargne mensuel. La bonne question n’est pas de savoir si l’opération est rentable dans l’absolu, mais combien vous mettez au pot chaque mois, et pendant combien de temps. Un déficit de 150 euros mensuels sur quinze ans représente 27 000 euros, à mettre en face du capital remboursé par les loyers et de la valeur du bien à la revente.

Un exemple chiffré sur un studio loué 550 euros par mois

Ligne de calculMontant
Loyer annuel hors charges6 240 euros
Coût total de l’opération, frais et travaux inclus137 500 euros
Rendement brut4,5 %
Charges et provisions annuelles2 520 euros
Rendement net avant impôt2,7 %
Mensualité de crédit assurance comprise705 euros
Trésorerie mensuelle avant impôtmoins 395 euros

L’écart entre 4,5 et 2,7 % ne vient pas d’une erreur de saisie, il vient des charges réelles. Quant à la trésorerie négative, elle n’annule pas l’intérêt de l’opération : elle indique simplement que ce studio se finance en partie par votre épargne. Les montants ci-dessus illustrent une méthode, ils ne constituent pas un modèle transposable. Votre taux, votre apport et la taxe foncière de la commune déplacent chaque ligne, parfois de plusieurs dizaines d’euros par mois.

Les hypothèses qui font bouger les trois calculs

Deux investisseurs avec le même bien et le même crédit peuvent obtenir des résultats très différents selon ce qu’ils mettent dans leurs hypothèses. Voici les variables qui pèsent le plus sur un studio de petite surface.

  • le loyer de marché réel, vérifié sur des annonces comparables et non sur le loyer souhaité par le vendeur ;
  • la vacance entre deux locataires, plus élevée sur les petites surfaces que sur les grands logements ;
  • la taxe foncière de la commune, qui varie du simple au triple ;
  • les charges de copropriété ramenées au mètre carré, structurellement plus lourdes sur les petits lots ;
  • l’âge des équipements et le coût d’une remise en état ;
  • le taux du crédit, la durée et le coût de l’assurance emprunteur ;
  • le régime fiscal retenu et le niveau d’imposition du foyer ;
  • le classement énergétique du logement et les contraintes croissantes qui pèsent sur les passoires thermiques.

Pourquoi le premier studio locatif se juge sur plusieurs années et pas sur douze mois

Un studio se reloue plus souvent qu’un trois pièces. Chaque départ implique un état des lieux, parfois une remise en peinture, un nettoyage complet et quelques jours sans loyer. Sur cinq ans, ces séquences pèsent davantage que la taxe foncière, et elles n’apparaissent dans aucune annonce.

Le raisonnement sur douze mois sert à écarter les mauvaises affaires, pas à valider une décision. Ce qui compte dans la durée, c’est le capital remboursé par les loyers, la revalorisation du bien, la stabilité de la demande locative dans le quartier et votre capacité à absorber deux mois de vacance sans difficulté de trésorerie. Un studio dont la trésorerie mensuelle est légèrement négative mais dont l’emplacement se reloue en une semaine n’a pas le même profil qu’un studio à l’équilibre dans une zone où les annonces stagnent.

Trois calculs, puis quatre vérifications propres au premier studio locatif

Le rendement brut suffit-il pour comparer deux studios ?

Non, il sert seulement à éliminer. Deux biens affichés à 5 % brut peuvent finir à 2,5 et 3,5 % net selon la copropriété, la taxe foncière et le régime fiscal. Comparez toujours les trois niveaux avant de trancher, sinon vous choisirez celui qui affiche le meilleur prix et pas celui qui vous laissera le plus de marge.

Comment intégrer la vacance locative dans un calcul fiable ?

Comptez au minimum trois à quatre semaines sans loyer par an sur une petite surface, soit environ 4 % du loyer annuel, puis ajoutez une provision de remise en état à chaque changement de locataire. Une hypothèse de zéro vacance fait gagner artificiellement un demi-point de rendement net et fausse la comparaison entre deux quartiers.

Le régime réel change-t-il le résultat du deuxième calcul ?

Il le change souvent, surtout en meublé, où l’amortissement peut neutraliser une partie des revenus imposables. Le micro-foncier reste plus simple, mais son abattement forfaitaire ignore vos charges réelles. Vérifiez votre situation avec un professionnel avant de choisir, car le retour en arrière n’est pas toujours possible.

Faut-il viser une trésorerie positive dès le premier studio ?

Elle est rarement atteignable avec un apport modeste et un crédit sur vingt ans. L’objectif réaliste est de connaître le montant exact de l’effort mensuel, puis de vérifier que votre budget le supporte sans tension, y compris pendant une vacance ou après un travaux imprévu. Un premier studio s’achète avec un tableur ouvert, pas avec une impression de visite.

L’auteur

Alain Quéré

Conseiller en investissement locatif

Je publie ici mes essais et mes comparatifs. Mon domaine : Rendement net, fiscalité du locatif, financement et choix du bien.

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Journaliste spécialisée marché immobilier

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Architecte de formation

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Gestionnaire de copropriété et spécialiste des charges locatives

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Expert-comptable spécialisé en immobilier locatif